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La
montagne de Reims
10-11 avril 2010
Pour
aller visiter le vignoble champenois et déguster quelques crus, le rendez vous
est donné "chemin des vignes" dans la banlieue parisienne aux 8
équipages prêts à tenter l'aventure.
Le
Président du "Coupé Cabriolet Club" nous fait l'amitié de nous
accompagner.
Habituellement
il y a toujours une voiture qui refuse de démarrer, cette fois c'est de
s'arrêter avec les freins. En attendant des jours meilleurs elle est remplacée
par une moderne.
La
remontée de la nationale 4 est longue, voire ennuyeuse. Arrivés à Sézanne, nous
nous regroupons sur le parking de la "Maison des sports" qui a été
mis à disposition par la municipalité. Nous sommes accueillis par le Président
et un membre du "Sézanne Rétro Club" qui regrettent de ne pas avoir
été prévenus suffisamment tôt pour organiser notre arrivée de manière plus
festive.

Fini
les 4 voies, nous allons parcourir pendant deux jours des routes où parfois 2
véhicules doivent se serrer pour se croiser.
Nous
quittons Sézanne en longeant la halle en cours de restauration.
Nous
traversons le village de Broyes qui offre une vue
plongeante sur les coteaux du vignoble et sur la plaine champenoise.
Après
une boucle dans la campagne nous arrivons au pied du Mémorial de la Grande
Guerre à Mondement.
Dans
cette première bataille de la Marne de septembre 1914, celle des taxis, cette
commune constituait un point stratégique dans le dispositif déployé par JOFFRE,
face à l'invasion allemande qui menaçait Paris, dans la mesure où son château,
qui dominait les Marais de Saint-Gond, verrouillait le passage vers la capitale
par le Sud.
Le
monument est constitué d'un monolithe de 35,5 mètres de haut coulée sur une
armature métallique dans un béton constitué d'agrégats roses de Moselle. A la
base du mégalithe a été sculpté un bas relief représentant les généraux
entourant un soldat de la Marne. Deux textes sont gravés : le premier célèbre
l'héroïsme des combattants, le second est l'Ordre du jour du 6 septembre 1914
signé par Joffre qui contient cette phrase terrible "…se faire tuer sur
place, plutôt que de reculer…".
Construit
de 1931à 1938, l'inauguration programmée pour septembre 1939 ne put avoir lieu
à cause de la déclaration de guerre et se déroula en septembre 1951.

La
route continue en longeant le marais de Saint Gond par le nord puis elle part à
l’ascension de Mont Aimé (hauteur 240 mètres, pente à 14 %). Et c’est une
nouvelle page d’histoire qui s’ouvre.
Il
a été occupé par les Hommes dès le Paléolithique.
En
1210 la comtesse Blanche de Navarre y fait
construire un château qui est transformé en château-demeure aux XIVe et
XVe siècles. Après la guerre de Cent Ans, le château qui a subi trois
sièges menés par les Anglais est démantelé, et sert de carrière de pierres pour
la construction des maisons des villages aux alentours.
En
1815 après la campagne de France et la chute de Napoléon Ier,
le tsar Alexandre Ier y parade afin de démontrer
sa puissance : 300 000 soldats et 85 000 chevaux manœuvrent dans
la plaine de Vertus qui s’étend au pied du mont.
En
1914, le mont se trouve
dans le dispositif de la bataille des
marais de Saint-Gond.
De
la table d’orientation on découvre vers le nord la Côte des Blancs toute proche
et vers le sud-est dans le lointain, Chalons en Champagne. Majestueuses des
éoliennes parsèment la campagne ce qui contraste avec les pompes à pétrole que
l’on découvre aux coins des bois.

Par
petits sauts nous allons remonter la Côte des Blancs, c'est la région des
"champagnes blanc de blancs",
c'est à dire les champagnes élaborés uniquement à partir du cépage chardonnay, qui couvre ici plus
de 95% des surfaces de vignes.
Nous
empruntons un chemin goudronné qui serpente à flanc de coteau à travers le
vignoble. Nous apercevons quelques vignerons occupés à lier les charpentes (les
3 brins issus de la souche laissés après la taille) sur le fil de base.
Nous
nous arrêtons au pied de l'église Saint Martin de Vertus. Une pièce d'eau
s'étend derrière son abside. Elle est alimentée par une source qui est sous
l'église.
Nous
repartons en passant sous la "Porte Baudet" qui reste le seul témoin
des anciens remparts. Ils ont été remplacés par une magnifique ceinture de
promenades ombragées.
Nous
déjeunons quelques kilomètres plus loin dans la forêt de la Montagne de Reims.
Ferme – auberge, le repas est préparé à partir de leurs produits. En apéritif
nous dégustons un ratafia de Champagne. Il résulte de l’assemblage de moût de
raisins prélevé à la sortie du pressoir, sans filtration, avec une eau de vie
de marc ou de vin.
Après
un court passage dans les vignes nous visitons le "Musée de la vigne et du
vin". Il se situe dans des caves creusées dans la craie. Collection
commencée il y a une quarantaine d'années par le propriétaire des lieux, elle
rassemble des outils, des plus simples au plus insolites, d'innombrables
pompes, boucheuses, pulvérisateurs et autres machines à vinifier, de même que
d'impressionnants pressoirs des 17, 18 et 19e siècles. Un nombre incalculable
d'objets gravitants autour du champagne sont présentés (bouteilles, étiquettes,
plaques de muselet, cendriers…). Le plus étonnant est certainement la
collection de ceps de vignes travaillés par un sculpteur et qui provoque notre
imaginaire. La visite se termine par une dégustation dans un caveau.

A
Avize nous nous arrêtons au pied d'une énorme bouteille de champagne avant de
reprendre la dernière partie de la journée.
Après
une dernière boucle dans la "côte des blancs" nous traversons la
forêt de la Montagne de Reims du sud au nord. Au débouché d'un virage nous
avons une vue panoramique sur Reims et son agglomération que nous rejoignons.
La
deuxième journée commence par une longue promenade en forêt à la découverte
d'une particularité biologique quasi unique au monde : les faux de Verzy. Il
s'agit d'hêtres qui, pour des raisons encore inexpliquées, ont les branches qui
se tortillent, pouvant faire des anneaux complets en se soudant sur elle-même.
Des chênes peuvent en être atteints.

Puis
nous rendons visite à un petit producteur de la région de la "Montagne de
Reims". Il nous attend dans sa vigne pour nous expliquer son métier. Avec force
de détails et répondant à toutes les questions nous passons du grand air à la
cave où nous apprécions sa dextérité de remuage des bouteilles sur pupitre. La
visite se termine bien sûr par une dégustation où nous pouvons apprécier les
différences entre le vin des "Côtes de blancs" de la veille et celui
de la "Montagne de Reims".

Après
un déjeuner pris dans un petit bistrot, ouvert pour l'occasion, nous visitons
le phare de Verzenay. Il a été construit au début du
XXe siècle par la maison de Champagne Joseph Goulet (des magasins
Goulet-Turpin, pour les nostalgiques) dans un but publicitaire. Il était
éclairé la nuit. Jusqu'à la Première Guerre mondiale un restaurant et
une "guinguette" y étaient installés. C'est aujourd'hui le
"Musée de la vigne" et l'on peut toujours gravir ses 101 marches pour
admirer sous nos pieds une mer verte mais de vignes.

A
la sortie du musée le ciel s'est couvert, chacun pense déjà à ses activités du lundi
et finalement un seul équipage continue de suivre le livre de route.
Texte de
Jean-Marc MASCART – Photos d’Anne-Marie NEVEU et Claude JUNK
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